Aujourd’hui, la médiatisation à outrance du moindre événement météorologique qui sort de la normale tend à faire croire que les calamités sont le seul fait de notre temps et qu’elles se montrent plus fréquentes et plus destructrices que par le passé. Or, rien n’est moins sûr. De tout temps, les hommes ont subi les fléaux de la nature. Evoquer ceux du passé, c’est rappeler les mauvais jours et les temps d’infortune, où la peur de ne pas pouvoir se nourrir hantait continuellement les esprits. Ainsi les hommes scrutaient en permanence le ciel pour tenter d’y lire d’heureux présages ou d’y déceler de quoi serait fait le lendemain. Dans une économie reposant sur une agriculture à faible productivité, où les céréales constituaient la base de l’alimentation, le plus petit accident climatique tournait au cauchemar. Des pluies incessantes, un gel tardif ou précoce, une sécheresse persistance, un orage violent, et les récoltes étaient compromises. La situation alimentaire devenait angoissante et le cycle des misères se profilait alors dans un enchaînement inexorable : famine, errance, mendicité, maladies et épidémies avec, bien souvent au final, la mort.
Basé sur une recherche documentaire fouillée et abondante, notamment dans des fonds d’archives très anciens, cet ouvrage s’attache à la fois à répertorier les plus importants fléaux naturels qui ont frappé le Limousin au cours du dernier millénaire et à montrer quelles ont été les conséquences de ces événements sur le quotidien des hommes. A travers cette étude, c’est la vie des siècles passés qui nous est restituée dans toute l’ampleur de ses malheurs.