Cet album n’est pas un guide. Il n’a rien d’exhaustif. Il n’est qu’un vagabondage. Le vagabondage d’un photographe et d’un poète. Alors c’est ici un Cantal vu de l’extérieur, avec les yeux de deux martiens. Deux martiens à la recherche de l’âme, des beautés, des mystères, des hypocrisies, de l’Histoire et du cœur du Cantal. On est allé voir les volcans qui dans le silence travaillent, transpirent et parlent. On a vu le Cézallier, beau comme une pensée de Véronèse, la Margeride, ses paysans de mémoire et le fantôme de Bernard de Garlan, la phalange du Caldaguès dans le doigt de l’Aubrac, la Châtaigneraie des mangeurs de seigle, Saint-Flour et ses évêques, Aurillac cette ville à la campagne avec ses festivaliers et ses parapluies.
Et on vous dit l’aligot, la truffade et la potée dans la meilleure cuisine paysanne des siècles. On vous dit les mystères de Murat, de Salers, de Mauriac et de Riom. On vous dit ce qui se cache à Tournemire et pourquoi les limonadiers cantalous sont à Paris. On vous dit ce que nous a dit un paysan philosophe descendant direct, preuves à l’appui, de Vercingétorix. On vous dit la rencontre d’un des auteurs avec un évêque qui finira rouge comme un homard entre le Vatican et une voie de chemin de fer. Et on vous dit, suspens, le terrible mystère des eaux de Vic-sur-Cère. On vous dit tout, tout, tout sur le Cantal comme Pierre Perret a pu tout dire sur le zizi.