On a beaucoup écrit sur la vie amoureuse de George Sand et, notamment, sur ses amants les plus célèbres : Musset, Chopin, Manceau… Mais d’autres amours, presque passés sous silence, ont structuré sa vie, à commencer par la relation avec Jules Sandeau. Cette rencontre avec le jeune Aubussonnais, qui deviendra le premier romancier à entrer à l’Académie française en 1858, marquera en effet le point de départ d’une émancipation affective et sociale. Pour lui, Aurore Dudevant quitte sa vie provinciale, bourgeoise et étriquée de Nohant, délaissant son mari ainsi que ses deux enfants. Elle s’installe à Paris en 1831. La capitale est en proie à une agitation sociale et intellectuelle sans précédent, dans laquelle elle se glissera avec délectation grâce aux relations de Jules Sandeau.
Si cette passion amoureuse n’enfantera qu’un roman écrit à quatre mains, quelques nouvelles et des articles de journaux, elle scellera cependant à jamais le destin littéraire d’un écrivain symptomatique du xixe siècle : George Sand. C’est sous ce nom, emprunté pour la moitié à son amant, qu’elle signe, en 1832, son premier roman, Indiana, un véritable triomphe.

Brigitte Rastoueix-Guinot reconstitue pour nous cette histoire d’amour singulière et envoûtante, à une époque où les femmes hors-norme, à l’image de l’impétueuse et talentueuse George Sand, n’avaient pas leur place. Dans un style concis et alerte, l’auteur retrace le cheminement passionnel de Jules et d’Aurore et analyse l’influence de cet amour sur leur œuvre littéraire respective.