Sa vie durant, George Sand tissa de nombreux liens avec la Creuse. À commencer par une histoire d’amour, celle qui la lia pendant deux années de vive passion à son compatriote Jules Sandeau. Elle retrouvait le jeune homme, alors timide et inexpérimenté, en lui donnant rendez-vous dans le petit pavillon de l’Astronome, sur le bord de la route de Châteauroux. Et le monde bien pensant de La Châtre s’émut d’autant plus de cette idylle que George était encore unie par les liens du mariage à son époux, Casimir… On ne saurait cependant réduire à cette liaison le grand amour que George Sand éprouva pour sa chère province. Dans son œuvre, ainsi que s’applique à le démontrer ici Brigitte Rastoueix-Guinot, force détails à l’appui, la Marche et le Berry sont beaucoup plus qu’une toile de fond romanesque. Les personnages qui peuplent l’univers sandien sont fortement typés et les circonstances géographiques et historiques ne sont jamais fortuites. Pour autant, la Bonne Dame de Nohant n’a pas borné son regard à la ligne de l’horizon, si bien que la Creuse et les Creusois qu’elle nous permet de rencontrer de chapitre en chapitre, sont des espaces et des personnages universels. Brigitte Rastoueix-Guinot a patiemment retrouvé le fil de cette vie peu ordinaire et elle a su peindre, à travers maintes rencontres, le portrait d’une femme étonnante. Une femme qui a probablement puisé le meilleur d’elle-même dans ce terroir profond et mystérieux, dont Nohant demeure, entre Marche et Berry, l’immuable centre de gravité.