Les belles histoires naissent souvent par le plus grand des hasards et elles s’écrivent dans la plus grande des discrétions. La pétanque n’échappe pas à cette règle !
D’un simple jeu accessible à tous, dont le premier concours se déroula en 1910 sur le terrain de boules d’une guinguette à La Ciotat, d’un passe-temps bon marché pouvant se pratiquer sur un lopin de terre, la pétanque est devenue l’un des jeux les plus connus de la planète et un sport de compétition. Elle compte aujourd’hui, en France et à l’étranger, des milliers de licenciés qui, chaque année, depuis 1962, s’affrontent lors de la plus grande rencontre de boulistes au monde : le Mondial La Marseillaise à Pétanque.
Ernest et Joseph Pitiot, les tenanciers du bar de l’Horloge, avaient-ils imaginé cette brillante trajectoire ? En avaient-ils pour le moins rêvé, lorsque, pour réconforter leur copain Jules le Noir, une vedette incontestée du jeu de Longue, rongé autant par des rhumatismes paralysants que par la rage de ne plus pouvoir courir ni se tenir en équilibre sur une jambe, ils proposèrent de lancer les boules à pieds tanqués, c’est-à-dire sans bouger, depuis un cercle, en gardant les pieds joints ? Le coup était parti, ils avaient tapé dans le mille ! Depuis, la pétanque rayonne, par-delà les frontières. Elle rassemble les hommes, scelle leur amitié et étend son esprit de convivialité sur l’ensemble des joueurs, qu’ils soient compétiteurs ou pratiquants du dimanche.

Qui mieux que Martine Pilate, la petite-fille de Joseph Pitiot, pouvait nous conter cette fabuleuse histoire ? Élevée dans une culture pétanque, elle se souvient avec ravissement ce que lui rapportait son grand-père sur ce jeu, qu’il évoquait toujours avec la fierté de lui avoir donné vie. Pour retracer ses origines, sa reconnaissance officielle et son expansion, elle s’est associée à Jac Verheul, monteur cinématographique à la télévision néerlandaise et grand passionné de pétanque. La partie peut alors commencer, en mots et en images…