Malgré la petite centaine de livres qui lui ont été consacrés, les films et les pièces de théâtre, l’affaire Lafarge (1840) demeure aujourd’hui l’une des plus grandes énigmes de l’histoire judiciaire. Toujours la question se pose : accusée de l’assassinat par empoisonnement de son époux, Charles Pouch-Lafarge, Marie Capelle était-elle coupable ou innocente ?
Le présent ouvrage ne prétend pas rouvrir l’épais dossier. Du moins pas directement. Mais il met en lumière, pour le moins, une étrange coïncidence. Vingt-quatre ans plus tôt, en cette fin d’été 1816, en ce même pays de Vigeois, un jeune marchand prospère, Jacques Bonnel, meurt entouré des siens. Quelques jours plus tard, sa dépouille est exhumée à la faveur de la nuit et son corps, coupé en morceaux, est retrouvé dans les latrines d’une maison inoccupée appartenant à… Jean-Baptiste et Adélaïde, les parents de Charles Pouch-Lafarge !
Deux affaires sordides, deux procès. Et toujours la famille Lafarge, ses relations avec les notables et, curieusement, les mêmes témoins déposant en sa faveur.
La découverte par Chantal Sobieniak de cette première affaire Bonnel, volontairement occultée pendant près de deux siècles, éclaire d’un jour nouveau la célèbre affaire Lafarge et particulièrement le rôle joué à la tête du clan par Adélaïde Pouch-Lafarge, redoutable manipulatrice. Avouons cependant qu’il y a là matière à être troublé, à s’interroger, et peut-être à envisager, cette fois pour de bon, un authentique rebondissement.