Fermes et granges, puits et fontaines, pêcheries et lavoirs, clédiers et pressoirs… Après avoir consacré un premier ouvrage aux églises de la Haute-Vienne, Alain Mingaud nous convie cette fois à la rencontre de ce « patrimoine de pays » que d’aucuns appellent aussi, et sans la moindre connotation péjorative, le « petit patrimoine ». Laissons-le nous guider jusqu’à la chapelle de Grandmont, modeste édifice qui nous rappelle la présence de l’ordre prestigieux sur la commune de Saint-Sylvestre, ou encore à Saint-Brice-sur-Vienne avec son bénitier au cimetière et son énigmatique linteau à Beaunémard. Accompagnons-le jusqu’à Sauviat-sur-Vige où trône une fontaine monumentale, ou à Cieux, où se dressent, aux environs du bourg, aussi bien le menhir de Ceinturat que la pierre branlante de Boscartus.
Oui, ce patrimoine de pays, à la manière des miettes du Petit Poucet, nous invite à ouvrir les yeux et à comprendre, par-delà l’histoire architecturale, la vie quotidienne des femmes et des hommes de cette contrée. Comment, observant un lavoir, un four, un pressoir ou une fontaine, ne pas imaginer les gestes que ces pierres appelaient. Ainsi, en attirant notre attention sur ces « richesses » de nos campagnes, l’auteur ne se contente pas de dresser un inventaire, il nous raconte aussi ce que fut l’histoire des hommes. Chaque élément du « petit patrimoine » devient ainsi le témoin des travaux, des luttes, des espérances et des attentes des habitants de ce pays de monts et de vallons qui deviendra le département de la Haute-Vienne.
Avec ce livre illustré de plus de 600 photographies, Alain Mingaud donne non seulement la parole aux pierres, qui ont bien des choses à raconter, mais encore aux arbres remarquables : comment oublier en effet les géants torturés de Mons à Bussière-Boffy ?