La pimpante Auberge des Glycines jouit d’une excellente réputation pour sa table et son cadre. Emma Célérier, âgée d’une trentaine d’années, en est devenue propriétaire après avoir rencontré René Bachou, un marchand de bestiaux, dans le routier où elle travaillait comme serveuse. Cet homme marié, riche et autoritaire, capable d’autant de violence que d’amour, est tombé éperdument amoureux de la jolie et douce femme. Mais, au lieu de lui proposer une union, il lui a offert une corbeille : une propriété et de quoi vivre par elle-même. Elle est ainsi devenue la maîtresse officielle de cet homme, assez influent dans son pays pour qu’un tel statut soit connu et toléré, dans une complicité silencieuse dont seuls les gens de pouvoir peuvent bénéficier. Ainsi va la vie d’Emma, jusqu’au jour où un pensionnaire inattendu arrive à l’auberge : Jacques Moret, l’instituteur qui doit effectuer un remplacement à l’école du hameau. Il s’éprend de sa charmante hôtesse, belle et sensuelle, et, malgré leur différence d’âge, Emma ne résiste pas à celui qui lui fait découvrir l’émotion du rêve. Rencontres cachées, amours passionnées à l’insu du tout-puissant René : une véritable et sincère relation se tisse. Consciente de l’amour que lui porte son bienfaiteur et de ce qu’elle lui doit, Emma vit très mal cette situation d’adultère. Le dilemme s’annoncera d’autant plus déchirant lorsqu’elle apprendra qu’elle porte un enfant.

Roger Poux aborde ici un thème souvent occulté dans nos campagnes : celui de la toute puissance d’un homme riche et pourvu de relations qui s’affranchit des normes de conduite. Cette histoire palpitante et passionnée nous offre des personnages romanesques inoubliables dans un cadre bucolique et nous entraîne au cœur de la vérité des êtres.