A la fin des années 1950, Jean, 17 ans, qui vit avec ses parents et sa sœur sur le mas familial, décide d’arrêter ses études pour devenir gardian auprès de son père et élever des taureaux destinés à la course camarguaise. Surtout, la présence sur l’exploitation de la belle et mystérieuse Alice, l’épouse d’Henri, le régisseur au caractère taciturne, trouble son âme de poète et éveille ses sens. A la faveur des grandes chevauchées de printemps et de la montée de la sève, des liens se nouent et la jeune femme, à son tour, n’est pas insensible aux ardeurs de ce gardian romantique. Ils se retrouvent, se cachent, vivent en secret un amour passionné. Mais Henri n’est pas dupe. Et bientôt un lourd et pesant silence accompagne les ombres longues de l’été. Un soir, un feu allumé par une main criminelle et attisé par les vents embrase les collines et se referme sur Jean comme un piège mortel. L’automne arrive, saison des vendanges et de la vengeance. Henri boit de plus en plus. Un soir…

Jean-Pierre Védrines ne se contente pas de renouer avec le thème de la passion amoureuse entre un adolescent et une femme mûre. Il fait naître, dans un décor somptueux et sauvage, un terrible suspense, donne à imaginer une mise à mort dans l’arène et nous réserve, dans les derniers instants, un dénouement aussi tragique qu’inattendu.