Qui a bien pu racheter l’Angelière, cette maison de maître construite à l’écart, contre laquelle le panneau « A vendre » battait au vent depuis des lustres ? La question met toute la bourgade de Loriol en émoi et dénoue les langues. L’Angelière ne fut-elle pas jadis marquée par un sinistre destin ? Appelés sur place, le médecin et l’instituteur lèvent le voile : les nouveaux propriétaires ont un enfant atteint d’une grave maladie qui déforme son visage et doit être protégé des regards insistants et de la curiosité. C’est pour cela qu’ils ont choisi l’Angelière et viennent, à grands frais, de la restaurer. Mais les chasseurs qui, pour cause de tranquillité, se voient interdire l’accès au domaine ne l’entendent pas de cette oreille et l’approche des élections échauffe peu à peu les esprits. Bientôt, deux clans s’affrontent : d’un côté, celui du maire sortant et de l’instituteur séduit par l’intelligence et la sociabilité du petit infirme, de l’autre celui des chasseurs sous la conduite du coléreux Devaud. Lequel s’emporte et commet des exactions qui se retournent contre lui dans les urnes. Le jour du 14 juillet, alors que le village se retrouve pour la fête, un terrible orage éclate. Et, comme si les fantômes du passé revenaient soudain, l’Angelière est la proie des flammes…