La bastide L’Epervière a traversé quatre générations de Fonteclaire, mais la cinquième se fait attendre. L’héritier va-t-il se décider à venir ? Le patriarche, Jérémy, fier Provençal, se lamente sur son sort en soupirant très fort, au cas où ses enfants l’entendraient, ou à défaut, le ciel ! Durant ses moments de doute et de découragement, il va retrouver Benjamin, compagnon indéfectible et complice de cœur. Ils prennent le temps de passer en revue leur jeunesse, de remonter à la source féconde de leurs souvenirs les plus lointains. L’envie de conter est toujours au bord des lèvres, dans cette campagne ensoleillée, chaude et odorante, et les deux amis y succombent avec délectation. Ils vont user de galéjades, de boniments et d’exagérations, qui pimenteront en permanence toutes leurs conversations. Ainsi fuseront autant de grands éclats de rire que d’intenses moments d’émotion. Ils parleront d’hier et d’aujourd’hui, car, pour demain, il ne reste plus guère de place, hormis lorsqu’ils évoquent le progrès, cette gangrène qui commence à tout défigurer. Mais, au bout du compte, qu’adviendra-t-il de l’héritier ? Sera-t-il celui qu’on attendait, ou serait-ce une galéjade supplémentaire inventée par les compères ?

Une histoire délicieusement attachante par ses personnages. Un verbiage très imagé, avec un accent si parfumé qu’il semble que quelques branches de fenouil, de thym ou de figuier parsèment ces pages. Alysa Morgon ressuscite avec bonheur et éloquence cette Provence qu’elle aime tant, celle de son enfance.