Mariée à 15 ans, contre sa volonté, à un homme deux fois plus âgé qu’elle, aussi violent que grossier, la jeune Michelle, trompant la vigilance de sa belle famille qui l’a réduite à l’état de servante, parvient à prendre la fuite. Deux années durant, elle vit cachée chez le baron de Courtignac, avocat au Parlement de Bordeaux, qui finit par obtenir des magistrats l’annulation de son mariage, tandis que son épouse lui apprend à lire et à écrire.Redevenue libre, Michelle n’a plus alors qu’une idée en tête : regagner son pays et y faire revivre le moulin et les terres de son enfance. Elle y parvient et fait la rencontre d’un marchand de grains nommé Bertrand Coustolle dont elle tombe éperdument amoureuse, mais qu’elle refuse d’épouser malgré la naissance de trois enfants. Fidèle à ses principes, il n’est pas question pour elle de vivre sous le joug d’un homme… Seulement voilà, en cette année 1709, rien n’est si simple. Les villageois, malgré leur sympathie pour cette femme qui fait le bien autour d’elle, deviennent hostiles. La religion s’estime bafouée et l’évêque, s’il était saisi, pourrait l’excommunier. Cette fois, l’heure est grave… La nasse se referme. Mais, qu’on se le dise, à plus de quarante ans, Michelle la rebelle n’a pas dit son dernier mot.

Passionnée par la vie des humbles, Judith Rapet nous donne là un roman vrai, c’est-à-dire inspiré d’une histoire vraie, celle si peu ordinaire de Michelle Garnier (1665-1730), qui était un authentique personnage.