Comme les autres propriétaires de vergers, Marie a reçu sa lettre recommandée avec accusé de réception : dans cette vallée étroite, les abords du fleuve vont être aménagés, les rives exhaussées, les îles condamnées, et une zone industrielle sera édifiée… Tout détruire au nom du progrès ? Brader un univers à la fois fertile, magique et mystérieux, au prix de terres incultes ? Mais que deviendront Martha et son fils Charles, qui vivent sur l’île Verte ?
Désespérée, Marie est contrainte de vendre. Quand elle rencontre l’un des ouvriers du chantier, elle cristallise sur lui tout son ressentiment qui deviendra de la haine, au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Tout les oppose, tout les sépare. Pourtant, un jour, ces deux êtres marginaux, cabossés par la vie, se découvrent vraiment et vivent une belle histoire… elle aussi condamnée à prendre fin, car Paulo n’est qu’un nomade passant d’un chantier à un autre. Du moins pour le moment… Mais cela Marie l’ignore.
Une histoire palpitante et émouvante où des personnages d’une extrême vérité cherchent à se délivrer d’un passé douloureux. Ils trouvent dans le présent les liens humains et les remèdes aux peines de l’existence. Ils nous enseignent qu’être heureux, c’est regarder où l’on va, et non d’où l’on vient.
Suzanne de Arriba mêle avec brio l’intime à l’événementiel d’une époque dont elle restitue le climat avec une sagacité et une justesse percutantes.