Les plantes médicinales exotiques détrônent nos plantes locales : l’aloès est préféré à la joubarbe, la baie de Gogi au cynorrhodon, la spiruline à l’ortie… La mode a été au ginseng, au kawa-kawa, puis au yam, à l’argan, au rhodiola, et aujourd’hui la grenade ou le chia arrivent en force. Chaque année apporte sa nouveauté que le consommateur s’empresse d’adopter avec enthousiasme. Et pourtant, hormis l’attrait de l’exotisme et la promesse d’une action rapide due à de fortes concentrations en principes actifs, cet engouement ne se justifie pas toujours d’un point de vue thérapeutique.À travers l’étude comparative de 14 couples de plantes essentielles – une plante locale comparée à une plante exotique aux effets similaires –, Michel Dubray remet en question cette médication. Il rappelle que pour se soigner les hommes ont nécessairement utilisé les plantes avant de connaître les propriétés de leurs constituants. La nature, la saveur, l’odeur, la forme, la texture ont été autant de critères systématisés au fil du temps par les plus grands praticiens (Hippocrate, Galien, Paracelse…) pour déterminer la valeur thérapeutique d’une plante. S’il est fidèle à une certaine tradition, Michel Dubray est également imprégné des (re)découvertes les plus récentes. Il sait pertinemment que plus l’homme et la plante subissent des contraintes identiques (géophysiques, climatiques, etc.), plus l’utilisation médicale de la plante sera efficace. Ainsi, pour un habitant de nos climats tempérés, la prêle devrait être préférée au bambou, la camomille au boldo, la sauge au soja.Herboriste, nutrithérapeute, formateur, fondateur de L’Univers des Simples et d’une école d’herboristerie (2014), Michel Dubray se bat pour une reconnaissance du métier d’herboriste et pour la réhabilitation de plantes indigènes. Il est l’auteur du Guide des contre-indications des principales plantes médicinales (Lucien Souny, 2010).