Démobilisé au début de l’été 1940, Patxi regagne son village natal où, depuis l’âge de 12 ans, il est employé à la ferme de Battite et Maïka. En l’absence de son mari, prisonnier en Allemagne, Maïka tient l’exploitation à bout de bras. Aussi est-elle soulagée par le retour de son berger. Sans attendre, celui-ci regagne l’estive et, avec l’aide de deux jeunes réfugiés espagnols, reprend la garde du troupeau et la fabrication des fromages de brebis.
La parenthèse est de courte durée. La guerre ne tarde pas en effet à venir rôder sur ce pays de montagne encore en zone libre. Et bien vite la contrebande, que les hommes pratiquent ici de toute éternité, cède le pas à une autre activité clandestine : cette fois, c’est à des femmes et des hommes traqués qu’il faut faire passer la frontière. Tout se complique encore lorsque, dans ce paysage sauvage et beau, l’amour, les rancœurs et les conflits d’intérêt viennent ajouter aux dangers de la guerre en réveillant leur lot de malentendus, d’espoirs fous et de secrets. Mais, en surveillant son troupeau, Patxi a beaucoup appris. Avec les hommes comme avec les brebis, il le sait, il faut parfois agir avec fermeté, et souvent écouter le silence…