Ce sont les grandes vacances. Rien à faire dans ce bled à part observer les adultes. Avec la canicule, ça devient obsessionnel. Il y a ceux qu’elle aime bien, rares, très rares. Et puis les autres. Elle les déteste tous : les mesquins, les médiocres, les étriqués, les amateurs de ces maudites soirées « Intervilles » et « sardines grillées ». Elle méprise ces hypocrites, ces sournois, ceux qui affichent une pratique religieuse irréprochable, mais se répandent en calomnies. Elle se doit de protéger ceux qu’elle aime et les autres, les plus faibles. Au moindre dérapage, la sanction tombe, terriblement efficace pour régler ce qui ne peut être exprimé, entendu ou réparé. Elle les élimine, l’un après l’autre, simplement, froidement. Juste trop facile, chaque fois. Elle noue ainsi des habitudes dont elle ne pourra jamais se défaire, mais elle acquiert la certitude qu’elle restera impunie. « Ils sont tellement idiots, avec leur mentalité déplorable, leurs petites vilenies… » Les apparences sont parfois trompeuses.