Publié dès 1945, Scènes de la vie du maquis était, ces dernières années, devenu introuvable. Ce « roman de vie et de combat au cœur du maquis limousin », tel que le définissait son auteur, est cependant bien plus qu’un « roman ». Il est un témoignage, non de faits d’armes ou d’actes héroïques, mais de la « vie minuscule », de cette étrange « banalité » du quotidien lorsque le danger, la traque, le froid, la faim et même les poux cernaient sans relâche, dans les forêts limousines et sur les hauteurs du mont Gargan, les compagnons du chef FTP Georges Guingouin.
Cet auteur — ce témoin – n’est autre qu’Henri Nanot, jeune paysan limousin épris de littérature et de liberté, auquel l’Histoire attribue un autre fait d’armes (forfait ?) pour lequel, des années plus tard, il fut peut-être injustement condamné : « l’affaire Nanot ».
En dépit des apparences, Nanot n’était pas un maquisard ordinaire. Ami d’André Breton et des surréalistes, il savait observer, raconter, en deux mots, écrire, et c’est bien ce chroniqueur attentif et parfois facétieux de la vie clandestine que nous retrouvons ici, plume en main, au fil d’un récit exceptionnel.