Septembre 2018 – Promesse perdue de Sylvie Nordheim 

A l’image de José et de Marie, deux déracinés, des destins se bousculent et se forgent dans ce Paris des années trente, où la beauté jouxte la laideur, l’opulence industrielle la misère riveraine, et où bourgeois et ouvriers sont avides de changements. Mais les lendemains dont on rêvait en sortant de la guerre ne chantent toujours pas. Au contraire ! L’hiver 1929 vient d’être marqué par le krach boursier américain et les prémices de la crise économique se font déjà ressentir à travers tout le pays. La jeune industrie automobile est à la recherche d’un nouveau souffle qui passera par la productivité et la rationalisation des tâches. Toutes les classes de la société sont ainsi en proie à des tensions sociales, culturelles et économiques laissant présager de profonds bouleversements et des mutations durables.

• Une grande fresque sociale du Paris des années 1930.
• Les destins croisés de deux personnages : Marie, jeune Corrézienne montée à Paris pour subvenir aux besoins de sa petite fille, et José, immigré espagnol qui a fui son pays natal alors que la France était en guerre.
• Un couple emblématique et romanesque à l’image de bien des Français qui se sont retrouvés à Paris, beaucoup pour des raisons économiques.
• A presque un siècle d’écart, ce roman donne l’occasion de réfléchir à des thèmes toujours d’actualité, comme la xénophobie, ainsi qu’à tous les phénomènes liés au monde du travail.

PROMESSE PERDUE
Se déraciner pour survivre
José est originaire de l’Estrémadure, une des provinces ibériques les plus pauvres et les plus reculées, un pays « où l’on prie bien au-delà de Pâques ou de Noël pour avoir un peu de pain et d’eau afin de survivre. Pour échapper à la toux, à la malaria, aux maladies générées par une nature hostile. Un pays où on souffre de famine ». Fuyant la misère, José est monté à pied à Paris durant la Grande Guerre.
Que de chemin parcouru depuis ce jour où il fut embauché comme manoeuvre, puis comme débardeur !       La pénurie de main-d’oeuvre liée à la mobilisation des hommes sur le front lui a permis de pousser la grille d’une usine d’automobiles. Lui qui se croyait condamné à se cramponner au dernier barreau de l’échelle, est sur le point aujourd’hui d’être nommé ouvrier qualifié. L’étranger sortant enfin de son anonymat ! « Il avait l’impression d’avoir franchi, l’espace de sa courte vie, toutes les étapes qui séparaient l’âge de pierre de l’ère industrielle. Oserait-il même avouer qu’il était devenu presque heureux parce qu’à Paris, vivre ne se réduisait pas à ne pas mourir ? »
Ainsi, grâce à son travail, il jouit effectivement un peu de l’existence, même si cette dernière n’est pas tendre avec les immigrés, ceux qui n’ont pas fait la guerre, ceux qui profitent des malheurs des Français, ceux qui leur volent leur pain et leur voleront bientôt leurs femmes. Solitaire, confronté à une xénophobie palpable, comment pourrait-il oublier la beauté violente et mystérieuse de son pays, ou la jeune Dolorès à laquelle il a promis le mariage ? La fera-t-il venir en France ou reviendra-t-il un jour en Espagne « bâtir un palais orgueilleux, surchargé d’ornements et de blasons prestigieux, à l’image de ceux que, enfant, pieds nus dans la caillasse, il dévorait des yeux » ?

Se déraciner pour sauver l’honneur familial
Depuis huit ans, Marie s’enlise et s’encroûte comme gouvernante corvéable à merci dans un pensionnat pour jeunes filles anglaises. Elle aussi a fui à Paris pour des raisons économiques, mais surtout pour ne pas entacher l’honneur familial. Elle est partie de Corrèze où elle a laissé dans sa famille sa petite Malou, née d’une aventure sans lendemain. La vie laborieuse sous les ordres de Mrs Pearce lui a fait perdre la naïveté de sa jeunesse. En revanche, elle manque encore de clairvoyance. Elle vient tout juste de réaliser qu’en acceptant de faire monter Malou à Paris, sa directrice souhaitait non pas l’intégrer à la communauté des élèves, mais l’exploiter comme domestique. Profondément blessée et dégoûtée, sa décision est prise. Elle se jure de trouver un nouvel emploi, de refaire sa vie et de reprendre sa fillette auprès d’elle pour lui offrir un nouveau départ.
Elle tente alors sa chance à l’usine qui recrute des couturières pour la sellerie. Couturière dans une usine automobile, logée, blanchie et nourrie. Quel avant-goût de liberté, et d’amour aussi ! Dès son arrivée, Marie découvre la vie, celle dont elle a si souvent rêvé au fond de sa pension austère, d’abord aux côtés de sa compagne de chambre, Odette, qui lui fait partager ses connaissances et son expérience de la vie libertine. Puis, elle se laisse entraîner et entame ses premières sorties qui donneront lieu à de nombreuses rencontres.
Une nouvelle fois, Marie va provoquer des événements qu’elle ne maîtrise pas. Une bêtise, une incartade d’un soir sous l’emprise d’Odette, et tout s’écroule. « Comme son aventure qui avait fait naître Malou. Une étreinte au clair de lune, du plaisir le temps d’un spasme. »

A la croisée des destins
Voici deux histoires chargées d’un lourd passé et menacées d’un avenir fragile, qui bientôt n’en formeront plus qu’une. La rencontre fortuite de Marie et de José illustre les destins croisés de bien des Français qui se sont retrouvés à Paris, beaucoup pour des raisons économiques.
Cette histoire nous saisit par sa modernité et nous donne l’occasion de réfléchir à des thèmes toujours d’actualité, comme la xénophobie, l’exode des pays pauvres, ainsi qu’à tous les phénomènes liés au monde du travail (exploitation et condition de vie de la main-d’oeuvre étrangère, pression psychologique, discrimination, harcèlement). Mais la crise des années 30 ne ressemble-t-elle pas à s’y méprendre à celle que nous traversons aujourd’hui ?

L’AUTEUR
Avant d’écrire, Sylvie Nordheim a été comédienne dans des productions et des oeuvres très diverses, pour le cinéma, le théâtre ou la télévision.
A 37 ans, elle délaisse son métier de comédienne et reprend des études. Elle passe son bac, entre à l’université en lettres modernes, obtient sa licence, puis son CAPES. Elle enseigne aujourd’hui le français, le latin, mais aussi le théâtre.
Passionnée par l’écriture et la littérature, elle signe, en 2006, Moissons amères (Editions Lucien Souny), un premier roman qui brosse le tableau de la société paysanne des années 1920, période de bouleversement où l’exode rural, le progrès technique et l’émancipation féminine vont contribuer à changer les modes de vie, de pensée et de travail.
Avec Promesse perdue, Sylvie Nordheim choisit une construction romanesque qui lui est chère : celle qui lie intimement les personnages à un cadre social et une époque charnière. Elle nous transporte dans le Paris des années 1930, une période de tensions mais aussi de rupture.

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