336 pages ( 153 x 235 mm )
Parution le 01 Octobre 2004

20.00

L’Affaire Guingouin

Michel Taubmann

Noté 5.00 sur 5 basé sur 1 notation client
(1 avis client)

On a souvent écrit, et à juste raison, à propos de Georges Guingouin qu’il a été le « premier maquisard de France ». Figure majeure de la Résistance, il a en effet, dès la première heure, donné bien du fil à retordre à l’occupant et au pouvoir de Vichy. Personnage hors normes, communiste lucide qui n’a pas obéi aux diktats de son parti, ce rebelle du 18 juin 1940 a tout de suite envisagé la guérilla alors que le PCF tentait de pactiser avec l’ennemi. Et plus tard, en juin 1944, lorsque la hiérarchie lui intima l’ordre d’attaquer la garnison de Limoges, une fois encore Georges Guingouin refusa pour éviter à la ville un sort dramatique.
A plusieurs reprises et avec un singulier acharnement, le parti communiste tenta de lui faire payer le prix de cette indépendance d’esprit et d’action. Pendant la guerre, on essaya de l’exécuter. Devenu, à la Libération, maire de Limoges, Guingouin demeurait un insoumis et, en 1952, il fut exclu du Parti selon les procédés les plus bas de la tradition stalinienne. Curieusement, on déterra à cette époque une sordide affaire de droit commun dont on s’efforça de lui faire endosser la responsabilité. On l’emprisonna et, le 23 février 1954, dans une cellule de la prison de Brive, on tenta de l’assassiner et de faire croire à son suicide.
Après avoir frôlé la mort dans les geôles et l’univers psychiatrique de la ive République, Georges Guingouin fut totalement innocenté en 1959 par la chambre des mises en accusation de Lyon. Il restait à élucider ce qui fut bien, dans l’encre et le sang mêlés, « l’affaire Guingouin ». Journaliste d’investigation, Michel Taubmann s’y est appliqué au terme d’une enquête scrupuleuse de sept années. Son livre est en outre la meilleure des biographies pour qui veut comprendre la véritable histoire de ce communiste atypique en qui le général de Gaulle avait reconnu (distinction rare dans les rangs du PCF) l’un des Compagnons de la Libération.

20.00

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Avis sur le livre

1 avis pour L’Affaire Guingouin

  1. Note 5 sur 5

    Jean-Pierre Védrines

    Un livre à lire à haute voix
    On connaît assez bien, maintenant, Georges Guingouin, figure majeure de la Résistance en France durant la deuxième guerre mondiale. Personnage hors normes, rebelle, communiste lucide, il a lutté jusqu’au bout contre l’occupant du pays. Ce qu’on sait moins en revanche, c’est ce que l’on appelle « l’affaire Guingouin » et à laquelle Michel Taubmann consacre un livre important. Important, car il est arrivé à détricoter les responsabilités et à rendre à Georges Guingouin ce qui lui appartient : sa place véritable dans l’histoire de la Résistance.
    Michel Taubmann a conduit une longue et scrupuleuse enquête. Pour qui veut comprendre le parcours de ce communiste atypique et l’histoire de notre pays durant cette sombre période, l’ouvrage est essentiel et se lit comme un roman .
    En 1939, Georges Guingouin (1913-2005) est instituteur et militant communiste. Blessé au combat, Guingouin dès juillet 1940 se lance dans la bataille contre l’occupant. Il est le fondateur du maquis limousin. En août 1944, chef de la résistance, libérateur de Limoges, il reçoit la reddition des Allemands. En mai 1945, il est élu maire de Limoges.
    Quelques mois après, le journal national L’Époque, publie à la une du journal un article de son directeur « Banditisme et lâcheté : le soviet du Limousin. »
    L’affaire Guingouin débute. Lâché bientôt par les communistes qui le considèrent comme un ennemi de la pire espèce, (il sera exclu en 1952), le calvaire de Guingouin commence. Le déroulement des faits est trop long et trop complexe pour être raconté ici dans le détail. Le livre le fait merveilleusement bien à l’aide d’une écriture profonde, précise, en ellipse, qui revient sans cesse au cœur des évènements.
    À peine croyable pour un homme de cette trempe, sous le fallacieux prétexte de sa participation à un soi-disant « conseil de guerre » ayant décidé de la mort de deux paysans, la veille de Noël 1953, il est inculpé, jeté en prison où, « tabassé », il manquera de perdre la vie. Libéré en 1954, il continuera à se battre pour faire éclater la vérité. À la fin de son ouvrage, Michel Taubmann nous livre les clefs de l’affaire : «… Quant à la magistrature, la plupart de ses membres avaient prêté serment à Pétain. Dans ce contexte, la mèche allumée par le Parti contre Guingouin raviva les braises du pétainisme latent d’une partie des institutions et de l’opinion française. Entre les communistes qui voyaient en lui un renégat, les maccarthystes français qui le considéraient toujours comme un communiste, et les nostalgiques de Vichy qui saisirent l’occasion de salir la Résistance, il ne restait plus grand monde pour défendre le « vaillant instituteur » sur qui, selon le mot de Jean Cassou, « l’iniquité s’est étrangement acharnée. »

    Jean-Pierre Védrines,
    revue La Main millénaire, numéro 15

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